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De mémoire d’hommes, jamais,  Ekombitié n’avait vu un tel ballet d’hommes et de personnalités comme le samedi 29 mai 2010. Sur une colline surplombant le village, en pleine forêt équatoriale, la concession de Denis Ekani s’insère harmonieusement dans un paysage de rêve, marqué par la sérénité et le calme que seuls les chants des oiseaux et autres espèces peuplant la forêt viennent de temps en temps perturber.

Cette concession a accueilli plus de 2000 personnes, venues assister  aux funérailles du patriarche de la grande famille Mebera Kono, un clan de la tribu béti dans la région du centre du Cameroun. Le calme habituel des lieux a été rompu le temps qu’ont duré les obsèques.

Tout commence dès 10 heures de la matinée par la cérémonie traditionnelle de l’Esani, dont la phase accessible au public est une danse rituelle en hommage à un fils du terroir dont le mérite est unanimement reconnu. Cette danse traditionnelle a cédé la place à la messe dite par un collège de prêtres. La phase des témoignages, moment de fortes émotions, viendra jeter un meilleur éclairage sur la dimension du défunt.

Denis Ekani était un homme multidimensionnel. Aussi, les diverses catégories de personnes venues lui rendre un dernier hommage se recrutaient parmi les anciens et actuels membres du gouvernement, les avocats et mandataires en propriété intellectuelle, les cadres de la police, et bien entendu le personnel de l’OAPI et autres amis et sympathisants.

La cérémonie de l’Esani, au cours de laquelle les fils et filles du clan, tout âge confondu, ont dansé aux rythmes des battements des tam-tams et des youyous du public était un véritable instant festif sublimant la douleur de la disparition du patriarche. Cette cérémonie a pris fin avec la présentation au public du fils héritier, le nommé Ekani Effa Thierry. On peut donc dire Ekani est mort, vive Ekani.

L’arrivée du Représentant personnel du Chef de l’Etat, le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, monsieur Marafa Hamidou Yaya, va marquer le début officiel des obsèques; il est alors 13 heures 30 minutes.

En premier, le clergé va occuper l’espace. Manifestement, l’officiant du jour, s’inspirant de la vie du défunt, a tenu à rappeler à toutes ces personnes présentes, le sens de la générosité et de la justice, et surtout de l’humilité. Pour lui en effet, « Denis savait être petit avec les petits, et grand avec les grands. » Il a souligné avec force que « nous jouons de notre liberté et c’est dans cette liberté que nous aurons notre salut ou non ». Le prélat a ainsi invité les uns et les autres à plus de responsabilité, en posant des actes dont ils peuvent assumer les conséquences, car il ne faut surtout pas perdre de vue que « nous marchons vers un tribunal et personne n’y échappera ». Il relèvera également pour le fustiger, que « nous ne faisons pas attention aux plus petits et aux plus faibles, parce qu’ils n’ont personnes ». A cet effet, citant Le Christ, il conclura « ce que vous avez fait aux autres, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Visiblement, ces propos, en cette circonstance particulière, n’ont pas laissé le public indifférent.

Venu le temps des témoignages, on a vu tour à tour défiler le fils de monsieur Florent Etoga  premier directeur général de la CRTV, l’office de radio et de télévision officiel du Camroun , qui s’exprimait au nom de son père (Voir encadré) certes présent, mais visiblement éprouvé. Le directeur général de l’OAPI, organisation jadis dirigée par le défunt, monsieur Edou Edou, madame Ekemé représentante du président de l’association des mandataires agrées à l’OAPI, le bâtonnier de l’ordre national des avocats viendront chacun dire le souvenir qu’ils gardent de l’illustre disparu. Leurs témoignages laissent croire que le regretté faisait partie d’une espèce rare dans le genre humain, une espèce malheureusement en voie de disparition. Ainsi, pour le bâtonnier par exemple, Ekani était un visionnaire, un pionnier qui, au moment où toutes les thèses de doctorat soutenues en son temps portaient sur des champs déjà explorés, a été le premier à rompre avec les sentiers battus pour se frayer un chemin dans une spécialité du droit (la PI) alors méconnus même dans le cercle des intellectuels.

Suite à la lecture de la lettre de condoléance adressé par le Chef d’Etat à la famille du défunt, Ekani sera fait commandeur de l’ordre du mérite camerounais à titre posthume par le représentant du Président de la République. L’inhumation au caveau familiale dans l’intimité suivra quelque temps après au moment où les rayons du soleil commençaient à s’assombrir.

‘’UN CDPI DE PLUS : CELUI DE BISSAU’’

C’est désormais chose faite, et il nous semblait important de vous donner des informations, car dans une ambiance festive, le Centre de Documentation en Propriété Intellectuelle de l’OAPI à Bissau a été inaugurée le mardi 2 mars 2010, par S. E. Monsieur Carlos Domingos GOMES Jr., Premier Ministre et Chef du Gouvernement en présence du Directeur Général de l’OAPI Dr. Paulin EDOU EDOU, du Maire de Bissau, des membres du Gouvernement, ainsi que devant quelques cent cinquante invités.

Ce projet témoigne de la volonté de l’OAPI de mettre à la disposition de ses Etats membres un outil pour la dissémination de l’information scientifique et technique. A ce titre, il fournit, entre autres, les services suivants :

-         une documentation spécialisée sur la base d’un fonds documentaire constitué de plusieurs millions de documents ;

-         la consultation, pour les recherches, de la base de données sur les titres de propriété industrielle délivrés par l’OAPI (brevets, marques, dessins et modèles industriels, noms commerciaux, etc.) ;

-         la mise à disposition des publications et textes officiels de l’Organisation (textes de base de l’OAPI, Bulletin Officiel de Propriété Intellectuelle, fascicules de brevets, guides des déposants, etc.) ;

-         une assistance à la recherche documentaire ;

-         un service de veille technologique.

Les locaux du Centre de Documentation en Propriété Intellectuelle (CDPI) couvrent une surface habitable de 573 mètres carrés, répartie sur deux niveaux dont un rez-de-chaussée et un étage. Ils comportent les pièces ci-après : une salle de conférence ; une bibliothèque ; une salle de réunion ; une salle informatique ; cinq bureaux ; une guérite et un local de groupe électrogène.

On ne peut que se réjouir qu’une telle structure fasse désormais partie du paysage de la capitale Bissau.

Dans le but d’établir des liens institutionnels forts avec plusieurs partenaires internationaux, une mission de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) conduite par son Directeur Général, Monsieur Paulin EDOU EDOU, a effectuée une visite de travail à Moscou, du 10 au 12 mai 2010, à l’Office Eurasien des Brevets (OEAB).

Cette initiative qui contribue au renforcement des liens de coopération existant entre les deux Organisations, a été saluée par son homologue, Monsieur Alexandre Grigoriev, Président de l’OEAB tout en rappelant que l’OAPI est une Organisation de près d’un demi siècle d’existence dont l’expérience ne fait pas de doute.

Les deux parties ont eu des échanges de vues complets sur les activités de leurs Offices respectifs ainsi que sur les questions internationales d’intérêt commun relatives à la propriété industrielle.

A la suite de ces échanges, les deux parties ont décidé d’actualiser l’Accord qui les lie et arrêté, pour l’année 2011, la tenue d’une commission mixte devant faire l’objet d’un plan d’action.

Les deux parties ont également manifesté leurs désirs d’ouvrir des portails d’information dans leurs sites Web respectifs afin de faire connaître au monde leurs activités respectives. Car l’OEAB dispose d’une mine de trente quatre millions des documents de Brevets dans sa base de données qui pourra profiter aux chercheurs de l’espace OAPI.

Il est bon de rappeler qu’en marge de cette visite, le Directeur général de l’OAPI a tenu une séance de travail avec Monsieur German Valeri, Président de l’Association des mandataires de la Russie. Cette association qui regroupe mille deux cent mandataires, peut être dans l’avenir un marché important pour les mandataires agrée auprès de l’OAPI.

La visite ainsi effectuée témoigne, encore une fois de plus, la volonté de la  Direction générale de l’OAPI de poursuivre sa politique offensive de coopération envers les partenaires du développement.

Les deux institutions viennent de formaliser dans un protocole signé le mois dernier les termes de leur coopération.

Du 24 au 25 mai 2010, Paulin Edou Edou, directeur général de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle a séjourné à Casablanca, siège de l’Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale (OMPIC). Le séjour s’est rendu fructueux par la signature d’un accord de coopération entre les deux institutions. L’OAPI et l’OMPIC conviennent d’échanger régulièrement les informations sur les activités d’examen des brevets et des modèles d’utilité.

S’agissant de la formation, l’OAPI et l’OMPIC mèneront désormais des actions de coopération en matière d’ingénierie pédagogique et de développement d’outils de formation. L’accord prévoit aussi des échanges de conférenciers, de matériels pédagogiques ainsi que les  formateurs. Des visites seront, à cet effet organisées en faveur du personnel des deux structures pour des échanges utiles. Il est envisagé que ces échanges restent permanents par l’usage des technologies modernes de l’information et de la communication.

L’OAPI et l’OMPIC feront usage de moyens appropriés en vue de faire connaître aux milieux économiques avec lesquels ils sont en contact, les services offerts par chacune des institutions. Concernant l’évolution de la propriété industrielle en Afrique, les deux institutions compte former un groupe homogène au niveau africain dans le but de dégager ou de faire valoir un point de vue commun lors des réunions internationales afin de développer le système de la propriété industrielle sur le continent en harmonie avec  son évolution au niveau mondial. L’Accord prévoit que les deux institutions se réunissent tous les deux ans pour évaluer les actions menées et programmer les actions futures.

Pour traduire leur volonté  en actes concrets, les deux parties ont aussitôt tenu la première session de la commission mixte instituée par ledit Accord et à l’issue de laquelle un programme biannuel de coopération a été établi. Le programme prévisionnel de coopération, au titre de la période 2010-2011, prévoit des missions croisées sur la gestion des brevets d’invention, des marques et sur le système d’information. Il est également envisagé la traduction en arabe, par l'OMPIC, de certaines informations publiées sur le site web de l’OAPI, et l’envoi de candidatures marocaines avec possibilité de bourse de l’Université de Yaoundé II, dans le cadre du Master II en droit de la propriété intellectuelle.

En 2011, il est prévu l’organisation de deux séminaires, l’un à Casablanca sur l'exploitation commerciale des actifs de la propriété industrielle et l’autre dans un Etat membre de l'OAPI sur l’utilisation de l’information brevet dans le domaine de l’innovation technologique sont programmés. D’autres activités importantes sont consignées dans le programme pour la même année. On peut citer entres autres, la participation de l’OMPIC au Salon Africain de l’Invention et l’Innovation de NOUAKCHOTT, la participation d'experts de l'OAPI au Sommet de l’innovation au Maroc, l’organisation de visites réciproques sur les procédures d’instruction des demandes de brevets d’invention et des demandes de marques.

Il faut rappeler que c’est au cours d’un entretien que les deux directeurs généraux ont eu, en septembre 2009 à Genève, en marge des travaux de la 47e réunion des assemblées des Etats membre de l’OMPI que Paulin Edou Edou et le directeur général de l’OMPIC ont jeté les bases de cette coopération. L’élan pris augure de bonnes perspectives.